Rompre l’invisibilité des peuples autochtones dans le monde de l’agronégoce : présence et résistance Guarani Kaiowá

  • Breaking the invisibility of indigenous peoples in the world of agribusiness: presence and resistance Guarani Kaiowá

Abstracts

Cet article porte sur la présence et la résistance des peuples guarani kaiowá dans le Mato Grosso do Sul, au Brésil. Il se structure à partir des échanges entre une chercheuse autochtone et une chercheuse non autochtone, lors du séjour de mobilité internationale en France, de la première. Il renvoie à l’expérience de vie et trajectoire académique de celle-ci, mobilisant récit de vie, ressources bibliographiques, échanges informels.
S’appuyant sur des épistémologies situées et décoloniales, le texte vise à rompre l’invisibilité de ce peuple qui résiste face à l’extrême violence des forces économiques et politiques liées à l’agronégoce. Il aborde : la reprise des territoires ancestraux dont ils ont été expropriés ; l’engagement de l’école auprès de la communauté pour lutter contre la faim ; la présence autochtone à l’université comme moyen de préserver/légitimer des connaissances ancestrales et dépasser la colonialité du savoir.

This article deals with the presence and resistance of the Guarani Kaiowá peoples in Mato Grosso do Sul, Brazil. It is structured on the basis of exchanges between the two authors during the indigenous author’s period of international mobility and refers to her life experience and academic trajectory, mobilizing bibliographical resources and informal exchanges.
Drawing on situated and decolonial epistemologies, the text aims to break the invisibility of this people who resist the extreme violence of economic and political forces linked to agribusiness. It addresses: 1) the repossession of ancestral territories from which they have been expropriated; 2) the school’s commitment to the community in the fight against hunger; 3) the indigenous presence at university as a means of preserving/legitimizing ancestral knowledge and overcoming the coloniality of knowledge.

Outline

Excerpt

Ce texte s’appuie sur la rencontre des deux autrices lors du séjour d’études de Maristela Aquino à l’Université Paris 8, dans le cadre du programme dit Guatá, initié par l’Ambassade de France au Brésil pour soutenir la mobilité internationale des doctorant·es autochtones brésilien·nes. Avec deux autres collègues, elle fait partie des lauréat·es qui ont été accueilli·es au sein du laboratoire interculturalité, apprentissages, marges et expériences (LIAgE), équipe de recherche à laquelle est rattachée Izabel Galvao. Au long de ces six mois (septembre 2024 à février 2025), les deux autrices ont partagé de très nombreux moments de travail, ainsi que d’échanges informels et conviviaux. Ce texte s’ancre dans cette rencontre marquée par l’interculturalité et le dialogue de savoirs.

Les échanges ont commencé dès le jour d’arrivée de Maristela Aquino en France, quand Izabel est allée la chercher à l’aéroport. Le trajet de Roissy à Saint-Denis a été l’occasion d’engager une conversation qui a...

References

Electronic reference

Izabel Galvao and Maristela Aquino Insfran, « Rompre l’invisibilité des peuples autochtones dans le monde de l’agronégoce : présence et résistance Guarani Kaiowá », Pratiques de formation/Analyses [Online], 72 | 2026, Online since 01 April 2026, connection on 31 March 2026. URL : https://www.pratiquesdeformation.fr/1132

Authors

Izabel Galvao

Izabel Galvao est maîtresse de conférence en sciences de l’éducation et de la formation à l’Université Paris 8, après avoir été en poste à l’Université Sorbonne Paris Nord (2009-2023) et à l’Université de São Paulo (1998-2005), où elle a obtenu son doctorat en 1998.

Maristela Aquino Insfran

Maristela Aquino Insfran est pédagogue et enseignante dans les écoles des villages Guarani Kaiowá. Elle dispose d’un mestrado en anthropologie et termine actuellement son doctorat en géographie à l’Université fédérale de Grande Durados. Sa trajectoire est marquée par l’engagement dans les luttes des Guarani Kaiowá pour la terre, la santé, l’éducation.