Mato Grosso do Sul, Brésil : conflits territoriaux, luttes et résistances autochtones

Résumés

Le Mato Grosso do Sul se situe dans la région centre ouest du Brésil. Cet État présente, dans le secteur agricole, des caractéristiques importantes pour comprendre la dynamique territoriale du pays, en particulier en ce qui concerne les conflits territoriaux, les luttes et les résistances autochtones. Cet article se divise en trois parties. La première met en contexte les conflits territoriaux au Mato Grosso do Sul et la configuration des dynamiques de pouvoir au Brésil, car c’est à partir de celles-ci que surgissent les différentes formes d’oppression. La deuxième partie aborde la façon selon laquelle ces formes d’oppression se particularisent au Mato Grosso do Sul par le biais des conflits fonciers et concernent les peuples autochtones. Enfin, nous mettons en lumière certains éléments de la capacité de résistance du peuple Guarani et Kaiowá, notamment la préservation des connaissances et des soins médicinaux traditionnels, qui représentent une lutte de résistance et de survie fondée sur l’ancestralité, la culture, l’identité et la préservation de la reproduction de la vie.

Mato Grosso do Sul is located in the Midwest region of Brazil. The state presents, related to the agrarian subject, several aspects that are relevant to understand territorial dynamics, especially with regard to territorial conflicts, and indigenous struggles and resistance. The text is divided into three parts. The first one contextualizes the territorial conflicts in Mato Grosso do Sul and power structures configuration in Brazil, since it is from them that the different forms of oppression evolve. In the second segment, we address how these forms of oppression are specific in Mato Grosso do Sul from the territorial conflicts involving indigenous peoples. And, finally, we point out some elements of the Guarani and Kaiowá resistances, among which an emphasis on the maintenance of traditional knowledge and health practices, which represent a struggle of resistance and survival based on ancestry, culture, identity and maintenance of life reproduction.

Plan

Texte

Introduction

L’État du Mato Grosso do Sul est situé dans la région Centre-Ouest du Brésil et possède une population de 2 757 013 habitant·es1, majoritairement urbaine. Il présente néanmoins, dans le domaine agraire, des caractéristiques des plus pertinentes pour comprendre la dynamique territoriale du pays, en particulier en ce qui concerne les conflits territoriaux, les luttes et les résistances autochtones. Les réflexions que nous avons menées lors de la journée d’étude internationale « Peuples autochtones du Brésil et recherches académiques »2, qui se matérialisent dans cet article, sont le fruit de nos parcours de recherche et de nos expériences dans l’État du Mato Grosso do Sul au sein de l’Université fédérale de la Grande Dourados (UFGD).

Pour comprendre les conflits territoriaux dans le Mato Grosso do Sul, nous considérons qu’il est judicieux, dans un premier temps, de contextualiser la configuration des structures de pouvoir au Brésil, car c’est à partir de celles-ci que surgissent les différentes formes d’oppression. Dans un second temps, nous examinerons comment ces formes d’oppression se manifestent spécifiquement dans l’État du Mato Grosso do Sul, à travers de conflits territoriaux qui impliquent les peuples autochtones. Enfin, nous mettrons en lumière certains éléments des résistances guarani et kaiowá : la préservation des savoirs traditionnels et des pratiques de santé. Ces derniers représentent une lutte de résistance et de survie fondée sur l’ancestralité, la culture, l’identité et la préservation de la reproduction de la vie.

Formation territoriale, relations de pouvoir et résistance des Guarani et Kaiowá

Au Brésil, pays aux dimensions continentales – avec une superficie de 8 510 417,822 km2 (IBGE, 2022) – Prieto affirme que l’élément central de la formation territoriale est l’appropriation des terres3. Corroborant les idées de l’auteur, le graphique 1 illustre la structure foncière brésilienne, qui montre la grande concentration de terres dans le pays. Seuls 9,6 % des établissements monopolisent 78,8 % des terres, tandis que la grande majorité, 90,4 %, ne possède que 21,2 % des terres.

Graphique 1. Brésil – structure foncière brésilienne (2017)

Graphique 1. Brésil – structure foncière brésilienne (2017)

Nombre d’établissements (%) ; superficie (%) ; plus de 0 à moins de 100 ha ; plus de 100 ha

Oliveira, 2020, modifié par Márcia Yukari Mizusaki, 2025

Au-delà de simples chiffres, ces données expriment des rapports de pouvoir, car nous souscrivons à l’idée que, au-delà de dimensions distinctes, derrière se cachent différents rapports de force, comme cela a déjà été abordé par Martins4. Dans le cas brésilien, on peut comprendre ces rapports grâce à la façon selon laquelle le pays s’est intégré aux circuits du capital à partir d’un projet colonial articulé à une politique religieuse chrétienne. Ces projets politiques et religieux ont façonné un long processus historique d’usurpation et de légalisation des terres au profit de quelques individus. Ce processus, qui remonte à la loi des Sesmarias en raison de laquelle, par la régulation de l’accès aux terres, seuls les « blancs et catholiques, purs de sang et de foi5 » pouvaient en bénéficier. Or, celle-ci se prolonge jusqu’à nos jours, comme en témoigne, par exemple, la loi 13.465/2017. Cette loi, entre autres dispositions, a augmenté de 1 500 hectares à 2 500 hectares la surface autorisée pour la régularisation des terres en Amazonie. D’autre part, le projet de loi appelé « cadre temporel [marco temporal] », actuellement en discussion lors d’une « table de conciliation » proposée par le ministre Gilmar Mendes, propose de permettre l’exploitation minière et la construction de centrales hydroélectriques sur des terres autochtones6.

Ce processus, fondé sur la domination des terres, des corps, les génocides, l’évangélisation et la lutte contre les « infidèles » (avec des guerres contre les peuples autochtones, nommées « guerres justes »), n’a pas seulement abouti à une concentration foncière, mais aussi à la formation d’un pouvoir de nature oligarchique, patriarcale et issu du patrimonialisme. Pour donner une idée de l’ampleur du génocide, au xvie siècle, il y avait environ 1 400 peuples autochtones au Brésil selon Curt Nimuendaju7 et, on parlait plus de mille langues alors qu’aujourd’hui, seules 180 langues survivent8.

C’est dans ce contexte que nous pouvons comprendre ce pouvoir de classe des propriétaires terriens, qui, au Brésil, s’est allié au grand capital et aux secteurs ultraconservateurs de la société, un pouvoir qui perdure jusqu’à nos jours. À titre d’exemple, lors des élections de 2022 pour les mandats de 2023 à 2026, 300 député·es (58,5 % du total) et 47 élues au Sénat (58 %) composaient le Front parlementaire d’agriculture et d’élevage9 (le groupe de l’agrobusiness) au Congrès national, comme le signale le site « De olho nos ruralistas10 », ce qui représente la majorité au Congrès. Il est important de souligner que nous trouvons également, articulé à ces relations de pouvoir, tout un corpus idéologique qui soutient celui-ci, comme le coronelismo11, le clientélisme et le racisme structurel.

Plus récemment, notamment au cours de l’actuel xxie siècle, cette formation idéologique prend une dimension mercatique où « l’Agro » est élevé au rang de caractéristique principale du pays, ce qui a abouti au slogan publicitaire « Agro é tudo, Agro é Tech, Agro é Pop, Agro é Tudo » [L’agro est tout, l’agro est tech, l’agro est pop, l’agro est Tout] – dans une publicité diffusée par la principale chaîne de télévision du Brésil12. Plus précisément, concernant cette campagne publicitaire, Santos, Silva & Maciel soulignent que :

[...] l’action de la propagande dans la campagne publicitaire étudiée contribue à constituer une idéologie sur le monde rural brésilien, diffusant l’idée que le système productif capitaliste basé sur l’agrobusiness est idéal. De plus, ce processus occulte et détruit un réseau de relations existantes concernant les modes de vie et de production dans les campagnes, qui implique les petit·es producteur·ices ruraux. Ces dernier·es jouent un rôle essentiel dans la production agricole destinée à l’approvisionnement interne, ils mobilisent une main-d’œuvre intensive et occupent une place socio-économique importante dans le secteur rural13.

En lien avec ce renforcement de l’agrobusiness et la transformation du Brésil en exportateur de matières premières, on observe l’expansion et le renforcement croissants de ces secteurs. Parallèlement, le Brésil devient le plus grand consommateur mondial de pesticides, un phénomène qui remonte à 1975 avec le Plan national de développement agricole [Plano Nacional de Desenvolvimento Agrícola], qui a commencé à encourager les industries des pesticides au Brésil. Cette situation s’est aggravée avec l’expansion du soja transgénique14.

C’est dans ce cadre que nous pouvons comprendre les conflits territoriaux au Mato Grosso do Sul qui détient l’un des taux de concentration foncière les plus élevés du pays, des sols fertiles et propices à la mécanisation, ainsi que des incitations fiscales. Cet État est devenu un terrain particulièrement favorable à l’expansion des matières premières, tout en intensifiant les formes d’usage et d’appropriation capitaliste des terres, grâce à l’accumulation par expropriation15, ce qui affecte directement les populations autochtones, paysannes et quilombolas de l’État.

L’État compte sur la troisième plus grande population autochtone du pays, avec 116 469 personnes16, et 12 peuples autochtones : les Guarani Ñandeva (qui se désignent à eux-mêmes comme Guarani), les Guarani Kaiowá, les Terena, les Ofaié, les Guató, les Boróro, les Kinikinau, les Chamacoco, les Kamba, les Kadiweu, les Atikun et les Ayoreo17. La population la plus importante est composée des Kaiowá et Guarani, des tribus qui se situent dans la partie méridionale de l’État où sont cultivées les cultures d’exportation, comme le soja, le maïs et la canne à sucre. Dans le graphique 2, nous pouvons observer l’expansion de ces cultures dans le Mato Grosso do Sul.

Graphique 2. Mato Grosso do Sul : augmentation de la surface ensemencée (surface récoltée – ha) en pourcentage, des principales cultures temporaires (2009-2022), Cultures (dans l’ordre du graphique)

Graphique 2. Mato Grosso do Sul : augmentation de la surface ensemencée (surface récoltée – ha) en pourcentage, des principales cultures temporaires (2009-2022), Cultures (dans l’ordre du graphique)

Riz, canne à sucre, haricots, manioc, maïs, soja, blé, tomates

Source : IBGE (2024) Márcia Yukari Mizusaki, 2023

Comme on peut l’observer ci-dessus, tandis que la surface récoltée de canne à sucre, de soja et de maïs a augmenté de plus de 100 %, les cultures alimentaires qui composent le panier de base des travailleur·es brésilien·nes ont subi un recul. Parallèlement à l’expansion des matières premières, en particulier à partir de la fin des années 1970, on assiste également à l’augmentation des expulsions des peuples autochtones de leurs terres ancestrales, ce qui exacerbe les conflits territoriaux et les violences de toutes sortes.

Les mouvements d’expulsion des autochtones de leurs territoires sont désignés par les Guarani Kaiowá sous le terme de sarambi. Selon Pereira18, sarambi signifie dispersion, mais aussi manque de sens, d’orientation, illustrant ainsi comment les Guarani Kaiowá perçoivent l’impact de l’expropriation territoriale sur leur vie. Ainsi, face au « temps-mouvement » du capital, se déroule le processus de déterritorialisation du « temps-mouvement » des Guarani et Kaiowá, car ces peuples développent des formes antagonistes d’appropriation territoriale :

[...] la propriété privée de la terre représente l’une des premières négations ontologiques du temps-espace Guarani, puisqu’elle entraîne une expropriation, une dispersion et une déterritorialisation des sujets et de leurs pratiques socio-spatiales19.

Ce processus d’expulsion des Guarani Kaiowá de leurs territoires a eu des impacts profonds sur leur mode de vie, car ceux-ci n’ont plus accès à la forêt pour la chasse, à la collecte de plantes médicinales, au bois de chauffage ; à l’eau potable, à des rivières non contaminées pour se baigner ; à des terres pour se nourrir, ce qui compromet gravement leur existence. Les figures 1, 2, 3 et 4, issues d’articles publiés sur des sites internet, illustrent certains de ces aspects de la violence contre les peuples autochtones, où l’on constate simultanément l’intolérance envers les manifestations socioculturelles des Guarani Kaiowá, toujours par biais de la prière, et des attaques contre les autorités spirituelles et les lieux de culte, le manque d’eau, la contamination par les pesticides, les décès par accident de la route, les assassinats, les préjugés et les violences de toutes sortes.

Figure 1. Rapport sur le rare cas d’indemnisation des victimes autochtones de la « pluie de pesticides » à Caarapó – 2015

Figure 1. Rapport sur le rare cas d’indemnisation des victimes autochtones de la « pluie de pesticides » à Caarapó – 2015

Repórter Brasil, du 22 janvier 2020 : « Après une pluie de pesticides en 2015, enfants et adultes autochtones ont été intoxiqués, certain·es malades ont dû se rendre à l’hôpital. »20.

Reporter Brasil

Figure 2. Commune d’Aral Moreira-MS : l’incendie d’un lieu de culte et la mort d’autorités spirituelles dans le village de Guassuty

Figure 2. Commune d’Aral Moreira-MS : l’incendie d’un lieu de culte et la mort d’autorités spirituelles dans le village de Guassuty

Jornal Brasil de Fato du19 septembre 2023, « Répétition du schéma des incendies de maisons autochtones dans le Mato Grosso do Sul, l’incident a fait deux victimes, à savoir Nhandesy Sabastiana, âgée de 92 ans, et Rufino, âgé de 75 ans »21

Brasil de Fato

Figure 3. Commune de Dourados-Mato Grosso do Sul : la répression par la police militaire d’une manifestation pacifique des autochtones pour exiger l’accès à l’eau

Figure 3. Commune de Dourados-Mato Grosso do Sul : la répression par la police militaire d’une manifestation pacifique des autochtones pour exiger l’accès à l’eau

Source : Article du Conselho Indigenista Missionário du 5 février 2024 « L’action violente de la police militaire dans la réserve de Dourados fait des blessés, des prisonniers et terrorise les autochtones qui protestent pour l’accès à l’eau »22

Figure 4. La population autochtone du village autochtone Amambai, lors de l’enterrement de Vítor Fernandes

Figure 4. La population autochtone du village autochtone Amambai, lors de l’enterrement de Vítor Fernandes

Article du Jornal Midiamax du 18 juillet 202223

Photo : Marcos Morandi

C’est dans ce contexte de difficultés que les Guarani Kaiowá ont entamé le processus d’autodétermination et de récupération de leurs territoires ancestraux en 1978, date de la première reprise de terres24, dans un mécanisme intense de lutte et de résistance. La figure 5 illustre les caractéristiques et les conditions matérielles des Guarani et Kaiowá pour vivre dans une zone réoccupée, ici sur la commune de Dourados, une cabane en toile.

Figure 5. Dourados-MS – zone réoccupée à Dourados

Figure 5. Dourados-MS – zone réoccupée à Dourados

Photo : Márcia Yukari Mizusaki, 19/07/2017

Dans ces mouvements de lutte des peuples autochtones, les réactions observées des propriétaires terriens révèlent clairement leur caractère de classe historiquement constituée, plus précisément, elles témoignent de leur impunité. Le graphique 3 détaille et met en avant le nombre d’assassinats de personnes autochtones au Brésil et au Mato Grosso do Sul entre 2003 et 2017. 

Diagramme 3. Au Brésil et au Mato Grosso do Sul : les meurtres d’autochtones

Diagramme 3. Au Brésil et au Mato Grosso do Sul : les meurtres d’autochtones

CIMI, Relatório violência contra os povos indígenas no Brasil, 2018
Márcia Yukari Mizusaki, 2023

Comme il en ressort des données ci-dessus, les actes violents contre les peuples autochtones dans l’État du Mato Grosso do Sul ont toujours été extrêmes. Dans cet État, le nombre d’assassinats jusqu’en 2013 surpassait la somme totale de tous les autres États. Le scénario change à partir de 2014, non pas en raison d’une diminution de la violence dans cet État, mais plutôt à cause de l’augmentation alarmante des assassinats dans d’autres États, notamment dans le nord du pays, un contexte où l’on observe également l’expansion de la frontière agricole.

Carte 1. Commune de Ponta Porã-MS, expansion du soja (2015)

Carte 1. Commune de Ponta Porã-MS, expansion du soja (2015)

Unités de canne à sucre, rayon de 30 km, soja 2015, règlement foncier, Terres autochtones, Ponta Porã, frontière internationale, frontière municipale

Source25

Sur cette carte, nous pouvons observer l’encerclement de la Terre autochtone Jatayvai par la culture du soja ainsi que du règlement foncier Itamarati, une réalité qui s’aggrave de plus en plus au fil des années.

Entre luttes et résistances

Le modèle de production de l’agrobusiness est basé sur une approche technique et « scientifique » ainsi que sur une logique compétitive. Il fragmente les espaces et introduit la « rationalité » économique (la « rationalité instrumentale ») dans le processus d’appropriation du territoire. Il engendre ainsi des externalités qui entrent en conflit avec le mode de vie et l’idéologie des peuples autochtones : la productivité, la rentabilité de la production versus les logiques de reproduction de la vie. Cette modernisation agraire accélère l’introduction de la rationalité instrumentale, « de la réorganisation du territoire jusqu’aux modèles d’échange, ce qui finit par envahir les relations interpersonnelles »26.

Le mode de vie des peuples autochtones repose sur la possession de la terre comme valeur d’usage (matérielle), mais aussi sur les symboles que cette terre représente : la spiritualité et les savoirs. La spiritualité constitue les sujets sociaux, et les savoirs qui, à travers le temps, se matérialisent en territorialités. Ainsi, dans cette relation de production et de reproduction par l’accès à la terre, se définit le « temps-espace » social de ces sujets27. C’est dans cette perspective que le Mato Grosso do Sul s’inscrit dans un processus de conflits territoriaux intenses. Les figures 6 et 7 permettent d’observer le contraste de paysages qui se trouvent entre le modèle de production de l’agrobusiness et le mode de vie sur les Terres autochtones.

Figure 6. Plantation de soja à côté de la Terre autochtone d’Hypocras

Figure 6. Plantation de soja à côté de la Terre autochtone d’Hypocras

Photo : Claudia Marques Roma, 2023

Figure 7. Terre autochtone d’Ypo’i

Figure 7. Terre autochtone d’Ypo’i

Photo : Claudia Marques Roma, 2023

Dans cette formation territoriale, marquée par l’expulsion des peuples autochtones de leurs terres, la violence et le génocide, ceux-ci luttent et résistent quotidiennement. Les luttes sont diverses : lutte pour la terre (démarcation) ; lutte pour l’alimentation ; lutte pour l’eau ; lutte pour la vie ; lutte des femmes ; lutte contre les violences et lutte pour le droit à leur culture et à leur identité. Parmi celles-ci, nous avons mis en avant la lutte pour la préservation des savoirs traditionnels en tant que pratiques médicinales et de résistance, car elles se caractérisent comme des savoirs contre-hégémoniques qui réaffirment le temps-espace social des peuples autochtones. En somme, des savoirs qui s’opposent au modèle de production de l’agro-industrie. Par conséquent, les savoirs traditionnels qui se manifestent, par exemple, dans le domaine des plantes médicinales en tant que pratiques médicinales, représentent une lutte, une résistance et la survie fondée sur l’ancestralité, la culture et l’identité : un savoir qui s’incarne sur le territoire.

La terre est un élément central. C’est le lieu de la production et de la reproduction de la vie qui nécessite des savoirs spécifiques. Lors de la table ronde intitulée « Savoirs traditionnels et alternatives en santé collective [Saberes Tradicionais e Alternatividades em Saúde Coletiva] », durant le VIIIe Symposium national de géographie de la santé à Dourados-MS, Alda et Getúlio ont exprimé l’importance pour les peuples autochtones de l’usage des plantes médicinales et des savoirs qui y sont associés. Ces pratiques de santé sont profondément enracinées dans leur existence. La spiritualité en est partie prenante28.

Le savoir traditionnel des plantes médicinales, en tant que pratique de santé des peuples autochtones, représente une lutte de résistance et de survie basée sur l’ancestralité, la culture, l’identité et le maintien de la reproduction de la vie, articulée, de ce fait, à la dimension matérielle et immatérielle. Ici, il nous faut mettre en valeur les réflexions sur la trajectoire de vie et de résistance dans le domaine des savoirs ancestraux de Sônia Pavão, une femme autochtone de l’ethnie Guarani, du village autochtone de Limão Verde [Citron vert], sur la commune d’Amambai-MS, parce qu'elle détient et maintient les savoirs autochtones grâce à la pharmacie vivante présente sur son territoire, voir figures 8 et 9.

Figure 8. Pharmacie vivante – village autochtone de Limão Verde, sur la commune d’Amambai, au Brésil

Figure 8. Pharmacie vivante – village autochtone de Limão Verde, sur la commune d’Amambai, au Brésil

Photo : Márcia Yukari Mizusaki, 2024

Sur la figure 8, la photographie illustre le fruit « araticum », « marolo », « bruto » ou « Annona crassiflora », un fruit originaire du Cerrado brésilien qui est utilisé comme plante médicinale dans les pratiques de santé ayant pour origine les connaissances ancestrales des peuples autochtones Guarani et Kaiowá dans l’État du Mato Grosso do Sul au Brésil.

Ce savoir incarné est présent chez « Eduardo Recaldi, Amélia Cervim, Adeláide Lopes, Dércia Candidada29 », Sônia le transmettra aux générations futures parmi d’autres références30.

À Tekoha Guaiviry, sur la commune de Ponta Porã, au Mato Grosso do Sul, le leader a souligné que :

[…] la terre est comme une mère où naît la vie, la nourriture, d’où l’on tire les remèdes. La terre est sacrée ! Le contact de la terre avec le corps, les pieds ancrés au sol est ce qui procure la sagesse : on sollicite ainsi la sagesse des ancêtres, on demande la direction à suivre.

Il a également affirmé que les plantes médicinales avaient disparu au moment de la « réoccupation » [des terres par les autochtones] et que ce n’est que deux ans plus tard qu’elles ont recommencé à pousser. Il souligne ainsi que le modèle technique et « scientifique » adopté par l’agro-industrie mondialisée impacte la production et la reproduction de la vie des peuples traditionnels.

Les savoirs des peuples traditionnels et leurs pratiques de santé sont la terre qui se transforme en homme ; un homme qui est la terre ; terre et homme qui se resynthétisent en nature ; une nature qui est organique, inorganique et sociale ; un homme qui est terre, nature et spiritualité ; un homme-nature qui est vie et histoire sociale et qui recombine ses savoirs traditionnels grâce à la territorialité du vécu31.

La préservation des savoirs traditionnels exprime la résistance des peuples autochtones, car celle-ci s’oppose au processus d’expulsion des Guarani Kaiowá de leurs territoires.

Considérations finales

Il convient de souligner que, dans l’État du Mato Grosso do Sul et dans la région du centre-ouest, il est extrêmement important de connaître les dynamiques territoriales agraires afin de comprendre les conflits, les luttes et la résistance des peuples autochtones. Des conflits territoriaux qui se sont structurés à partir de la formation socio-spatiale brésilienne et qui ont pour élément clé l’appropriation de terres. Cette formation est la démonstration des relations de pouvoir de la classe des propriétaires fonciers alliés au grand capital.

C’est dans ce contexte que le Mato Grosso do Sul, l’un des États de plus forte concentration foncière du pays et qui possède des sols fertiles et des avantages fiscaux, favorise l’expansion du modèle de production de l’agro-industrie, qui a un impact direct sur le mode de vie des peuples autochtones, les fermiers et les quilombolas.

Ce processus violent du temps-mouvement du capital, provoque la déterritorialisation le temps-mouvement des peuples autochtones, surtout celui des Guarani et Kaiowá, étant donné que ceux-ci détiennent plusieurs types de territorialités et modes de vie. Ce processus a causé de graves conséquences au maintien de la reproduction de ces peuples sur leurs territoires.

C’est dans ce cadre que se déroulent les luttes et les résistances, telles que les réappropriations de terres (un processus d’autodémarcation et de récupération de leurs territoires ancestraux), comme cela a été décrit dans la première partie du présent article. Parmi ces luttes et ces résistances, nous avons mis en avant les connaissances traditionnelles, car elles se caractérisent comme des savoirs contre-hégémoniques qui réaffirment l’espace-temps social des peuples autochtones. En somme, des savoirs qui s’opposent au modèle de production de l’agro-industrie. Un savoir qui s’incarne sur le territoire.

Tout au long de ces réflexions, il est important de stimuler et articuler les débats entre les savoirs traditionnels des peuples autochtones, le savoir produit au sein des universités avec et pour les peuples autochtones et les politiques des pouvoirs publics. Dans cette optique, ces deux types de savoirs mis en collaboration sont aussi un processus de lutte et de résistance. Et cela grâce à des activités d’enseignement, de recherche et d’extension de l’université qui intègrent la dimension de la Praxis.

En guise de conclusion, quelques questionnements importants surgissent : comment l’université peut-elle contribuer à la lutte des peuples autochtones ? Quel est le rôle de l’éducation formelle en ce qui concerne la lutte et la vie des peuples autochtones ? Comment l’État brésilien peut-il œuvrer, au moyen des politiques publiques, pour une approche de la santé qui respecte la relation entre le corps, les savoirs et la spiritualité des peuples autochtones ?

L’objectif du présent travail est de pouvoir stimuler l’interconnexion entre les savoirs et que celle-ci puisse constituer aussi une résistance dans la lutte pour des territoires de moins en moins « malades » et véritablement durables.

Notes

1 Institut brésilien de géographie et de statistique, 2022, Recensement démographique [En ligne].

2 Ce texte est le fruit des réflexions menées à la suite de notre participation à la Journée d’étude internationale « Peuples autochtones du Brésil et recherches académiques », qui s'est tenue le 31 janvier 2025 à l'Université Paris 8, campus Condorcet – en partenariat avec l'Université fédérale de Grande Dourados (UFGD).

3 Gustavo Prieto, 2020, « Nacional por usurpação. A grilagem de terras como fundamento da formação territorial brasileira », in Ariovaldo Umbelino de Oliveira et al., A grilagem de terras na formação territorial brasileira. São Paulo, FFLCH/USP, p. 131-178.

4 José de Souza Martins, 1995, Os camponeses e a política no Brasil, São Paulo, Hucitec.

5 José de Souza Martins, 1994, O poder do atraso. São Paulo, Hucitec, p. 22.

6 Instituto socioambiental, 2025, O que está em questão com a proposta de mineração em TI de Gilmar Mendes ? 18 février [En ligne].

7 João Pacheco de Oliveira et Carlos Augusto da Rocha Freire, 2006, A presença indígena na formação do Brasil, Brasília, MEC.

8 Graciela Chamorro, 2018, « Povos indígenas falantes no atual estado de Mato Grosso do Sul (séculos xvi-xxi) », in Graciela Chamorro et Isabelle Combès, Povos indígenas em Mato Grosso do Sul. História, cultura e tranformações sociais, Dourados, Editora UFGD, p. 293-322.

9 Il s´agit de la formation d´un groupe de députés du Parlement formé par des membres de partis politiques variés, mais qui, toutefois, défendent les intérêts agricoles de l´agro-industrie brésilienne.

10 De Olho nos Ruralistas, 26 avril 2023, « PL compõe ¼ da bancada ruralista na Câmara e chega a 300 deputados » [En ligne].

11 Le système que l´on appelle « coronelismo » au Brésil est la manifestation de relations sociales qui se caractérisent par les alliances, le népotisme et le favoritisme, des structures qui caractérisent le processus de formation socio-spatiale de la société brésilienne. Malgré la consolidation des pouvoirs publics, le système du « coronelismo » ne s´est pas affaibli. Les colonels étaient des propriétaires de terres pour la production du café, actuellement, ils se manifestent en tant que « colonels » de l´agro-industrie et de la ville qui s´incarnent dans les « personnages » de la politique qui appartiennent aux classes sociales détentrices du pouvoir et du capital.

12 G1 – Globo, 5 mars 2025, « Entenda a campanha “Agro é tech, agro é pop, agro é tudo” », campagne publicitaire [En ligne].

13 Anderson David Gomes dos Santos, Danielle Viturino da Silva et Kleciane Nunes Maciel, 2019, “« A campanha publicitária “Agro é tech, agro é pop, agro é tudo”, da Rede Globo de Televisão, como difusora da propaganda sobre o agronegócio no Brasil », Revista Eptic, vol. 21, no 1, p. 59.

14 Associação brasileira de saúde coletiva, 2024, Saúde reprodutiva e a nocividade dos agrotóxicos, Grupo temático saúde e ambiente, rapport de projet.

15 David Harvey, 2003, O novo imperialism,. São Paulo, Loyola.

16 Instituto Brasileiro de Geografia e Estatística, 2022.

17 Andérbio Martins et Graciela Chamorro, 2018, « Diversidade linguística em Mato Grosso do Sul », in Graciela Chamorro et Isabelle Combès (dir.), Povos indígenas em Mato Grosso do Sul, Dourados, UFGD.

18 Levi Marques Pereira, 2010, « Demarcação de terras Kaiowa e Guarani : ocupação tradicional, reordenamentos organizacionais e gestão territorial », Revista Tellus, Campo Grande, no 18, p. 115-137.

19 Márcia Yukari Mizusaki et José Gilberto de Souza, 2020, « Do tempo do espalhamento (ñemosarambipa) ao tempo do direito : r-existências Guarani Kaiowá no Mato Grosso do Sul, Brasil, na dinâmica do território », Revista Campo-Território, vol. 15, no 39, p. 223-250.

20 Reporter Brasil, « Em decisão inédita, indígenas vítimas de “chuva de agrotóxico” recebem 150 mil de indenização », 22 janvier 2020 [En ligne].

21 Márcia Yukari Mizusaki, José Gilberto de Souza, « Do tempo do espalhamento (ñemosarambipa) ao tempo do direito : r-existências Guarani Kaiowá no Mato Grosso do Sul, Brasil, na dinâmica do território », 2020. Campo-Território : Revista de Geografia Agrária. Edição especial. Vol. 15, no 39, p. 223-250.

22 Conselho Indigenista Missionário. « A arma química que ataca o povo Guarani Kaiowá da terra indígena Guiraroka », 05 février 2024, [En ligne].

23 « Lideranças religiosas vêm a MS em solidariedade aos indígenas envolvidos em conflitos em Amambai », Midiamax, 19/07/2022 [En ligne].

24 Andérbio Marcio Silva Martins et Graciela Chamorro, 2018, op. cit.

25 Alex Torres Domingues et Márcia Yukari Mizusaki, 2021, « Considerações sobre a territorialização do capital canaviero em Mato Grosso do Sul e seus desdobramentos », in Márcia Yukari Mizusaki, Claudia Marques Roma et Alexandre Bergamin Vieira (dir.), Questão agrária a práxis social no século XXI, impasses, desafios e perpectivas, Curitiba-PR ; CRV, p. 451-477. [En ligne]

26 Milton Santos, 2006, La Nature de l'espace, 4e éd., São Paulo, Hucitec, p. 314.

27 Cláudia Marques Roma, 2020, « Considerações sobre a territorialização do capital canaviero em Mato Grosso do Sul e seus desdobramentos », in Claudia Marques Roma, Alexandre Bergamin Vieira, Adeir Archanjo da Mota et Raul–Borges Guimarães (dir.), Geografia e saúde : conceitos, teorias e metodologias, Dourados, UFGD, p. 141-157.

28 Ibid.

29 Témoignage de Sonia Pavão, 2024, village autochtone de Limão Verde, sur la commune d´Amambai au Brésil.

30 Sônia Pavão et Jane L. Gislot, 2023, « Memórias bioculturais dos Guarani-Kaiowá sobre a floresta e os seres que a coabitam : ecologia cosmopolítica na perspectiva da etnoconservação », Boletim do Museu Paraense Emílio Goeldi. Ciências Humanas, vol. 18 [En ligne]. Sônia Pavão, 2021, « Conhecimentos tradicionais Guarani e Kaiowá como fontes de autonomia, sustentabilidade e resistência », mémoire de master, Dourados, UFGD.

31 (Leader) Nous avons choisi de ne pas identifier les sujets pour des raisons de sécurité.

Illustrations

  • Graphique 1. Brésil – structure foncière brésilienne (2017)

    Graphique 1. Brésil – structure foncière brésilienne (2017)

    Nombre d’établissements (%) ; superficie (%) ; plus de 0 à moins de 100 ha ; plus de 100 ha

    Oliveira, 2020, modifié par Márcia Yukari Mizusaki, 2025

  • Graphique 2. Mato Grosso do Sul : augmentation de la surface ensemencée (surface récoltée – ha) en pourcentage, des principales cultures temporaires (2009-2022), Cultures (dans l’ordre du graphique)

    Graphique 2. Mato Grosso do Sul : augmentation de la surface ensemencée (surface récoltée – ha) en pourcentage, des principales cultures temporaires (2009-2022), Cultures (dans l’ordre du graphique)

    Riz, canne à sucre, haricots, manioc, maïs, soja, blé, tomates

  • Figure 1. Rapport sur le rare cas d’indemnisation des victimes autochtones de la « pluie de pesticides » à Caarapó – 2015

    Figure 1. Rapport sur le rare cas d’indemnisation des victimes autochtones de la « pluie de pesticides » à Caarapó – 2015

    Repórter Brasil, du 22 janvier 2020 : « Après une pluie de pesticides en 2015, enfants et adultes autochtones ont été intoxiqués, certain·es malades ont dû se rendre à l’hôpital. »20.

    Reporter Brasil

  • Figure 2. Commune d’Aral Moreira-MS : l’incendie d’un lieu de culte et la mort d’autorités spirituelles dans le village de Guassuty

    Figure 2. Commune d’Aral Moreira-MS : l’incendie d’un lieu de culte et la mort d’autorités spirituelles dans le village de Guassuty

    Jornal Brasil de Fato du19 septembre 2023, « Répétition du schéma des incendies de maisons autochtones dans le Mato Grosso do Sul, l’incident a fait deux victimes, à savoir Nhandesy Sabastiana, âgée de 92 ans, et Rufino, âgé de 75 ans »21

    Brasil de Fato

  • Figure 3. Commune de Dourados-Mato Grosso do Sul : la répression par la police militaire d’une manifestation pacifique des autochtones pour exiger l’accès à l’eau

    Figure 3. Commune de Dourados-Mato Grosso do Sul : la répression par la police militaire d’une manifestation pacifique des autochtones pour exiger l’accès à l’eau

    Source : Article du Conselho Indigenista Missionário du 5 février 2024 « L’action violente de la police militaire dans la réserve de Dourados fait des blessés, des prisonniers et terrorise les autochtones qui protestent pour l’accès à l’eau »22

  • Figure 4. La population autochtone du village autochtone Amambai, lors de l’enterrement de Vítor Fernandes

    Figure 4. La population autochtone du village autochtone Amambai, lors de l’enterrement de Vítor Fernandes

    Article du Jornal Midiamax du 18 juillet 202223

    Photo : Marcos Morandi

  • Figure 5. Dourados-MS – zone réoccupée à Dourados

    Figure 5. Dourados-MS – zone réoccupée à Dourados

    Photo : Márcia Yukari Mizusaki, 19/07/2017

  • Diagramme 3. Au Brésil et au Mato Grosso do Sul : les meurtres d’autochtones

    Diagramme 3. Au Brésil et au Mato Grosso do Sul : les meurtres d’autochtones

    CIMI, Relatório violência contra os povos indígenas no Brasil, 2018
    Márcia Yukari Mizusaki, 2023

  • Carte 1. Commune de Ponta Porã-MS, expansion du soja (2015)

    Carte 1. Commune de Ponta Porã-MS, expansion du soja (2015)

    Unités de canne à sucre, rayon de 30 km, soja 2015, règlement foncier, Terres autochtones, Ponta Porã, frontière internationale, frontière municipale

    Source25

  • Figure 6. Plantation de soja à côté de la Terre autochtone d’Hypocras

    Figure 6. Plantation de soja à côté de la Terre autochtone d’Hypocras

    Photo : Claudia Marques Roma, 2023

  • Figure 7. Terre autochtone d’Ypo’i

    Figure 7. Terre autochtone d’Ypo’i

    Photo : Claudia Marques Roma, 2023

  • Figure 8. Pharmacie vivante – village autochtone de Limão Verde, sur la commune d’Amambai, au Brésil

    Figure 8. Pharmacie vivante – village autochtone de Limão Verde, sur la commune d’Amambai, au Brésil

    Photo : Márcia Yukari Mizusaki, 2024

Citer cet article

Référence électronique

Márcia Yukari Mizusaki, Claudia Marques Roma et Jones Dari Goettert, « Mato Grosso do Sul, Brésil : conflits territoriaux, luttes et résistances autochtones », Pratiques de formation/Analyses [En ligne], 72 | 2026, mis en ligne le 01 avril 2026, consulté le 19 avril 2026. URL : https://www.pratiquesdeformation.fr/1100

Auteurs

Márcia Yukari Mizusaki

Titulaire d’un doctorat et postdoctorat en géographie, elle est membre de l'AGB/section Dourados depuis sa création en 1995. Expérience, notamment en géographie agraire, principalement dans les domaines suivants : relation capital/travai/ propriété privée ; paysannerie ; conflits territoriaux, luttes et résistances paysannes et indigènes ; État ; frontières.

Claudia Marques Roma

Titulaire d’un doctorat en géographie, elle s'intéresse aux thèmes suivants : géographie, frontières et santé ; santé et relations ethniques et raciales ; féminisme ; corps et éducation antiraciste. Chercheuse et vulgarisatrice.

Jones Dari Goettert

Il est titulaire d'une licence en histoire, d'un master, d'un doctorat et d'un postdoctorat en géographie. Il se spécialise dans la géographie de la population, travaillant principalement sur les thèmes suivants : frontières, migration, territoire, parcours individuels, géographie et littérature.