Les voies d’accès des populations autochtones à l’enseignement supérieur brésilien

  • Pathways of Indigenous Peoples to Brazilian Higher Education

Résumés

Le nombre d’étudiant·es autochtones inscrit·es dans les universités brésiliennes a connu une croissance significative depuis le début des années 2000. Cette augmentation, largement supérieure à celle de la croissance démographique des populations autochtones au Brésil, s’explique à la fois par l’élargissement de l’accès des élèves autochtones à l’éducation primaire et secondaire, et par un ensemble de politiques spécifiques mises en œuvre par les universités publiques brésiliennes. Cet article propose un panorama des différentes initiatives visant à encourager l’entrée des étudiant·es autochtones dans l’enseignement supérieur au Brésil. Nous présenterons ensuite plus en détail l’expérience de la Licence interculturelle autochtone de l’Université fédérale de Grande Dourados (UFGD), qui a conduit à la création, en 2012, de la Faculté interculturelle autochtone (FAIND). Enfin, nous montrerons comment le mouvement autochtone brésilien a placé la question de l’éducation – et plus particulièrement de l’enseignement supérieur – au cœur de ses revendications. L’accès à la formation universitaire est ainsi considéré comme un outil de lutte indispensable dans le contexte contemporain et fournit une des raisons à l’augmentation notable de la présence autochtone dans les établissements d’enseignement supérieur du pays.

The Number of Indigenous Students Enrolled in Brazilian Universities Has Grown Significantly Since the Early 2000s. This increase, which is much higher than the growth of the indigenous population in Brazil, can be explained by both the expansion of access to primary and secondary education for indigenous students and a set of specific policies implemented by Brazilian public universities. This article provides an overview of the various initiatives aimed at encouraging indigenous students to enter higher education in Brazil. We will then present in more detail the experience of the Intercultural Indigenous Degree at the Federal University of Grande Dourados (UFGD), which led to the creation of the Intercultural Indigenous Faculty (FAIND) in 2012. Finally, we will show how the Brazilian indigenous movement has placed the issue of education – and higher education in particular – at the heart of its demands. Access to university education is thus considered an essential tool in the contemporary struggle and is one of the reasons for the significant increase in the presence of indigenous people in the country’s higher education institutions.

Plan

Extrait

Introduction

La présence d’étudiant·es autochtones dans les universités brésiliennes connaît une augmentation constante depuis 2000. En 2004, le recensement démographique de l’Institut brésilien de géographie et de statistique (IBGE) comptabilisait seulement 4 397 étudiant·es autochtones inscrit·es dans l’enseignement supérieur au Brésil. En 2023, ce sont 63 000 étudiant·es autochtones qui y étaient inscrit·es, selon le recensement de l’enseignement supérieur.

Au cours de la dernière décennie, le taux de croissance des inscriptions de personnes autochtones dans l’enseignement supérieur a été le plus élevé parmi tous les groupes ethniques du pays ; il est également largement supérieur au taux de croissance démographique de la population autochtone sur la même période. Entre le recensement démographique de 2010 et celui de 2022, la croissance naturelle de la population autochtone brésilienne a été de 88 %, passant de 896 917 personnes en 2010 (soit 0,47 % de la population totale du pay...

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Référence électronique

Chantal Medaets, Maria Aparecida de Oliveira et Luiz Eloy Terena, « Les voies d’accès des populations autochtones à l’enseignement supérieur brésilien », Pratiques de formation/Analyses [En ligne], 72 | 2026, mis en ligne le 01 avril 2026, consulté le 31 mars 2026. URL : https://www.pratiquesdeformation.fr/1089

Auteurs

Chantal Medaets

Professeure adjointe (équivalent maître de conférences) d’anthropologie à la faculté d’éducation de l’Université d’État de Campinas (Unicamp), où elle coordonne le Centre de recherche en anthropologie de l’éducation (Ceape).

Maria Aparecida de Oliveira

Professeure du cursus de Licence interculturelle autochtone à la Faculté interculturelle indigène (FAIND) de l’Université fédérale de Grande Dourados. Elle occupe actuellement la direction de la FAIND.

Luiz Eloy Terena

Professeur adjoint (équivalent maître de conférences) de droit à la Pontifícia Universidade Católica do Paraná (PUC-PR) et secrétaire exécutif du ministère des Peuples autochtones